Les Editions Franciscaines
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Le texte franciscain
du mois
de juin 2012

   
   
   

 

Volume I de François d'Assise,
Ecrits, Vies, témoignages.

Zone de Texte: Cimabue, détail d’une fresque
de la basilique Saint-François, Assise (photo prise avant la restauration de la fin des années 1950)
 

 

 

 

En mars 2010, les Éditions franciscaines et les Éditions du Cerf ont publié conjointement une version entièrement renouvelée des « Sources franciscaines », sous le titre : François d’Assise, Écrits, Vies, témoignages.

 

« Le Texte franciscain du mois » a pour objectif de faire découvrir la richesse de la spiritualité franciscaine en proposant tous les mois, de décembre 2010 à juin 2011 et d’octobre 2011 à juin 2012, un extrait de cet ouvrage, suivi d’un commentaire historique et spirituel. Chaque année, les textes seront présentés selon l’ordre chronologique.

 

Les Éditions franciscaines ont confié la rédaction de ces dossiers mensuels à François Delmas-Goyon. Membre de l'équipe des traducteurs, il est aussi l'auteur du livre :
 

Saint François d'Assise
le frère de toute créature
.

 

Thierry Gournay, Michel Deleu et Jacques Dalarun,
Comité de pilotage du projet éditorial.

 

 

Sigles bibliques et franciscains

 
 

           EZ = livre d'Ezéchiel
           Lc = évangile selon Luc        

          
Jn
= évangile selon Jean

1C = première Vie de François par Thomas de Celano
AP = Du commencement de l'Ordre (ex-anonyme de Pérouse)
3S = Légende des trois compagnons
CA = Compilation d'Assise

LM = Légende majeure par saint Bonaventure
SP = Miroir de perfection majeur (éd. Sabatier / Solvi)
Fio = Fioretti de saint François
Actus = Actes du bienheureux François et de ses compagnons
TM = Témoignage (ex-Testimonia minora)
TFM = "Le Texte franciscain du mois"

 

   

Le texte : Actes du bienheureux François et de ses compagnons, chap. XVI, 1-13

À l’époque où, au commencement de sa conversion, saint François avait déjà réuni plusieurs compagnons, il dut affronter un grand doute : devait-il s’employer à une prière continuelle ou se livrer parfois à la prédication ? Il désirait fort savoir ce qui plairait le plus au Seigneur Jésus Christ. La sainte humilité n’autorisait pas saint François à présumer de lui-même, c’est pourquoi il se tourna vers le refuge que constituaient les autres : grâce à leurs prières, il découvrirait le bon plaisir divin. Aussi appela-t-il frère Massée et lui dit-il : « Très cher, va auprès de Claire et dis-lui de ma part qu’elle supplie Dieu avec une de ses compagnes spirituelles pour qu’il m’indique si je dois parfois prêcher ou m’employer à une prière continuelle. Va aussi auprès de frère Sylvestre, qui demeure au mont Subasio, et dis-lui la même chose. » Ce fut ce seigneur Sylvestre qui vit sortir de la bouche de saint François une croix d’or touchant les cieux en hauteur et en largeur les confins du monde. Il était d’une si grande dévotion et grâce que tout ce qu’il demandait était aussitôt exaucé par Dieu. L’Esprit Saint l’avait aussi rendu singulièrement digne de la conversation divine ; pour cela, saint François l’avait en grande dévotion et avait grande foi en lui. Ce frère Sylvestre demeurait seul dans le lieu évoqué plus haut. 

Ainsi que cela lui avait été ordonné par saint François, frère Massée assigna la mission susdite d’abord à la bienheureuse Claire, ensuite à frère Sylvestre. Frère Sylvestre alla aussitôt prier et, alors qu’il priait, il eut aussitôt la réponse divine. Il sortit aussitôt vers frère Massée, disant : « Dieu dit cela : “Dis à frère François que je ne l’ai pas appelé pour lui seul, mais pour qu’il fasse fructifier les âmes et qu’il en soit gagné beaucoup par lui”. » Après quoi frère Massée revint auprès de sainte Claire pour savoir ce qu’elle avait obtenu du Seigneur. Elle répondit que tant elle que sa compagne avaient eu du Seigneur une réponse semblable en tout point à la réponse de frère Sylvestre. 

Frère Massée revint donc auprès de saint François. Le recevant dans la charité en lui lavant les pieds et en lui préparant à manger, le saint, une fois le repas terminé, appela frère Massée dans la forêt et, tête nue et mains croisées[1], il s’agenouilla, l’interrogea, disant : « Qu’ordonne notre Seigneur Jésus Christ que je fasse ? » Frère Massée répondit que, tant pour frère Sylvestre que pour sœur Claire et sa compagne, il y avait une réponse unique du Christ béni : « Il veut que tu ailles prêcher, car il ne t’a pas appelé pour toi seul, mais aussi pour le salut des autres. » La main du Seigneur vint alors sur [2] saint François et, se levant dans la ferveur de l’esprit, tout enflammé de la vertu du Très-Haut, il dit : « Allons, au nom du Seigneur ! »

Traduction d’Armelle Le Huërou in François d’Assise, Écrits, Vies,
témoignages, J. Dalarun dir., Paris, 2010, vol. 2, p. 2791-2793
 

© Éditions du Cerf / Éditions franciscaines, 2010


 [1] L’expression latine « manibus cancellatis » est ambiguë : on ne sait s’il faut comprendre que François croise les bras sur la poitrine ou s’il joint les mains en croisant les doigts.
 [2] Voir Ez 1, 3.


 
 

Le contexte 

Les Actes du bienheureux François et de ses compagnons sont un écrit latin rédigé entre 1327 et 1337 ou, au plus tard, 1341. Ils sont peu connus du grand public, contrairement à leur traduction en langue toscane : les célèbres Fioretti. Ils nous sont parvenus par le biais d’une vingtaine de manuscrits du XVe siècle, qui divergent sensiblement concernant le nombre et l’ordre des chapitres et même, parfois, leur rédaction. On peut cependant y distinguer quatre sections. La première (chap. 1-31) traite des premiers temps de la Fraternité mineure et a pour héros François, mais aussi les frères Bernard, Léon, Massée et sainte Claire. La deuxième (chap. 32-47) est consacrée à certains proches compagnons (Rufin, Léon, Bernard, Massée, Gilles), ainsi qu’à Claire, Antoine de Padoue et Conrad d’Offida. La troisième (chap. 48-59) relate des faits bien postérieurs, qui se situent tous dans la Marche d’Ancône et mettent en scène des frères de cette région, en particulier Jacques de Massa. La quatrième (chap. 60-74) revient à l’époque de François et, outre celui-ci, a pour figures principales Léon et Gilles[1]

Les Actus ont été composés dans la Marche d’Ancône, probablement au couvent de Soffiano, et semblent avoir deux auteurs. Hugolin de Mont-Sainte-Marie est le plus ancien et principal d’entre eux, mais il a eu au moins un successeur. Ces deux frères, tout comme ceux cités dans la troisième section, appartiennent à la mouvance des Spirituels. Celle-ci, on s’en souvient[2], est née dans l’avant-dernière décennie du XIIIe siècle et était constituée de frères mineurs désireux de vivre dans toute leur rigueur les prescriptions de la Règle relatives à la pauvreté. La Marche d’Ancône, dont était issu Ange Clareno, était un de leurs fiefs et cette région pauvre et peu peuplée, au relief accidenté, a constitué pour eux une zone de refuge après leur condamnation par le pape Jean XXII en 1317-1318. Les sources sur lesquelles s’appuient les rédacteurs des Actus sont les deux Vies de Thomas de Celano, la Légende majeure de Bonaventure, les souvenirs écrits (CA ; SP) et oraux de frère Léon, transmis par Conrad d’Offida, l’Exposition de la Règle et l’Histoire des sept tribulations d’Ange Clareno. Même s’ils précèdent d’une soixantaine d’années les Fioretti, les Actus sont une œuvre tardive, écrite plus d’un siècle après la mort du petit Pauvre. Les récits dont ils se composent sont habituellement magnifiques mais presque toujours surchargés de merveilleux et, souvent, marqués par les options idéologiques de leurs auteurs ; beaucoup sont de pures fictions et l’authenticité d’un certain nombre d’autres est fortement sujette à caution. 

Frère Massée de Marignano serait entré dans la Fraternité mineure vers 1210 et mort, nonagénaire, en 1280. Il devint un proche de François et fut l’un des témoins oculaires de la prédication aux oiseaux[3]. En Actus 33, François le choisit également comme messager pour inviter frère Rufin, en proie à une grave tentation spirituelle, à venir le rencontrer. Sylvestre était un prêtre séculier d’une sordide avarice, qui, lorsque Bernard et Pierre – les deux premiers compagnons de François – distribuèrent leurs biens aux pauvres, réussit à se faire attribuer frauduleusement deux pleines poignées de deniers[4]. Quelques jours plus tard, ayant pris conscience de ce péché, il eut la vision, en songe, de la croix d’or dont parle le texte[5]. Étant entré dans la Fraternité mineure, il devint un contemplatif renommé et mourut en mars 1240. Il a résidé en divers ermitages, parmi lesquels celui des Carceri, situé sur les pentes du mont Subasio, lequel domine la colline sur laquelle est bâtie Assise. Claire, pour sa part, s’est consacrée à Dieu entre les mains de François dans la nuit du dimanche des Rameaux 1212 ; la communauté de Saint-Damien s’est ensuite constituée rapidement, mais de manière toutefois progressive. Ainsi, s’il était authentique, l’épisode relaté en Actus 16, 1-13 ne pourrait pas s’être produit avant fin 1212, au moment où le nombre de frères atteignait la centaine et plus de trois ans après l’approbation orale de leur forme de vie par le pape Innocent III, ce qui est clairement postérieur à – et donc contredit – l’indication d’Actus 16, 1 : « À l’époque où, au commencement de sa conversion, saint François avait déjà réuni plusieurs compagnons… ». 

L’opposition entre vita contemplativa et vita activa était classique au Moyen Âge. De la fin de l’Antiquité jusque vers le milieu du XIIe siècle, la supériorité de la première, identifiée aux vocations monastique et érémitique, sur la seconde, identifiée à la « vie dans le siècle », paraissait évidente. Elle trouvait une justification dans l’épisode de Marthe et Marie, où Jésus déclare : « c’est Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée »[6]. Au XIIe siècle, l’essor des communautés de chanoines réguliers et le nouveau regard porté sur les pauvres – désormais considérés comme des images du Christ souffrant – ont valorisé le travail apostolique et le service des indigents et des malades, commençant ainsi à réhabiliter la vita activa. L’engagement pastoral et social des ordres franciscain et dominicain, au XIIIe siècle, achèvera de lui redonner les lettres de noblesse que lui avait acquises saint Paul.

© Éditions franciscaines, 2012


 [1] Toutes les données historiographiques exposées dans cet alinéa et dans le suivant proviennent de l’introduction aux Actus rédigée par Jacques Dalarun in François d’Assise, Écrits, Vies, témoignages, vol. 2, p. 2715-2734.
 [2] Voir TFM de mai 2011, « Le contexte ».
 [3] Voir la suite d’Actus 16 et TM 28b. On notera que Massée fait partie des informateurs dont les souvenirs ont été recueillis par les trois compagnons : Léon, Rufin et Ange, en 1246.

 [4] Voir AP 12 ; 3S 30.
 [5] Voir AP 13 ; 3S 31 ; LM 12, 2 ; Actus 1, 41-43.
 [6] Voir Lc 10, 38-42. En fait, dans le texte évangélique, cette « meilleure part » désigne l’écoute de la parole du Christ, mais, durant des siècles, les exégètes chrétiens ont compris qu’il s’agissait de la vie contemplative.


 
 

Le commentaire 

Le chapitre seize des Actus conjoint deux épisodes : le discernement de la vocation de François (1-13) et la prédication aux oiseaux (14-34). Son rédacteur n’invente rien, ce faisant, puisqu’il se contente de reproduire le schéma de LM 12, 1-3. Pour ce qui est de la teneur de ces deux récits, Actus 16, 1-13 s’inspire, avec liberté et une certaine distance, de LM 12, 1-2, alors qu’Actus 16, 14-34 est plus proche de 1C 58[1] que de LM 12, 3. L’épisode de la demande de discernement adressée par François à Claire et à Sylvestre est tardif et faiblement attesté par les sources primitives. Il est manifeste qu’il ne s’agit nullement d’un fait historique mais d’une fiction, inspirée par ces quelques lignes de la première Vie de Thomas de Celano : 

« Ils conféraient ensemble, en hommes qui pratiquent vraiment la justice : devaient-ils vivre parmi les hommes ou se retirer en des lieux solitaires ? Mais saint François, qui ne mettait pas sa confiance dans ses propres efforts, mais précédait toute affaire d’une sainte prière, choisit qu’on ne vivrait pas pour soi seul, mais pour Celui qui est mort en faveur de tous ; il savait qu’il avait été envoyé en ce but : gagner à Dieu les âmes que le diable s’efforçait d’enlever[2]. » 

Le premier biographe de François situe l’événement en 1209, à Rivo Torto, au retour des frères de Rome, après qu’ils sont allés soumettre leur forme de vie au pape Innocent III. Presque trois ans avant la consécration religieuse de Claire, le discernement est donc opéré et l’orientation active de la vie des frères, clairement établie. Bonaventure reprend ce passage presque tel quel en LM 4, 2, mais il en accentue la portée en précisant un peu plus loin (LM 4, 4) qu’à partir de ce moment, il arrive à François de prêcher dans la cathédrale d’Assise le dimanche matin. LM 12, 1-2 est une invention de toutes pièces du Docteur séraphique[3], qui dédouble l’épisode de LM 4, 2 en identifiant le choix de la vie active à celui de la prédication. François pose à ses compagnons de vie, à Sylvestre et à Claire la question : « Dois-je vaquer à l’oraison, ou bien aller et venir pour prêcher ? » et reçoit comme réponse de ces deux derniers que le bon plaisir de Dieu est qu’il sorte pour prêcher. Cette insistance sur la prédication se comprend aisément lorsqu’on sait qu’au début des années 1260, quand Bonaventure rédige ces lignes, les Frères mineurs sont devenus, depuis une trentaine d’années, des spécialistes de la prédication – mais ce contre la volonté de leur fondateur[4]. Il importe donc de montrer, dans la nouvelle Vie officielle de François qu’est la Légende majeure, que dès le moment où le petit Pauvre est rejoint par des frères, puis à nouveau quelques années plus tard, Dieu lui a révélé de façon certaine sa ferme volonté que lui et ses frères deviennent des prédicateurs. 

L’auteur d’Actus 16, 1-13 reprend le texte de Bonaventure mais le récrit selon une autre perspective. L’objectif de ce frère du XIVe siècle, originaire de la Marche d’Ancône, n’est plus de justifier l’orientation prédicative de l’Ordre des Frères mineurs mais de manifester la sainteté, l’obéissance à Dieu, l’humilité et la charité de François d’Assise. Si la question du petit Pauvre, héritée du récit de Bonaventure, mentionne encore la prédication, il ne s’agit plus que de prêcher parfois et la réponse de Sylvestre, confirmée par Claire et sa sœur, parle simplement de « faire fructifier les âmes » et d’en « gagner beaucoup ». Seul Massée, ajoutant de son propre chef un élément aux paroles de Sylvestre, affirme : « il [Jésus Christ] veut que tu ailles prêcher ». En revanche, au début du récit, le grand désir qu’avait François de plaire au Christ et sa profonde humilité, qui « ne l’autorisait pas à présumer de lui-même » mais l’amenait à solliciter l’avis des autres, sont soulignés. La description de son attitude lorsque Massée revient, dont Bonaventure ne dit mot et qui est une création originale de notre auteur, est très instructive. François accueille maternellement son frère, en lui lavant les pieds et en lui préparant à manger. La référence à Jn 13, 1-11 et à Lc 17, 7-10 est intentionnelle : le petit Pauvre, à l’imitation de Jésus Christ, se fait le serviteur de ses frères et c’est seulement une fois que Massée se sera restauré qu’il s’autorisera à lui demander la réponse de Sylvestre et de Claire. Il est plus difficile de comprendre pourquoi, le repas achevé, François conduit Massée dans la forêt avoisinante[5]. Peut-être est-ce simplement afin de mieux se resituer, au milieu des arbres, en tant que créature face au Créateur. Le fait de découvrir sa tête, de croiser les mains et de s’agenouiller exprime la profonde révérence de François envers le Christ, qui, pour lui, est le véritable auteur de la réponse qu’il va recevoir : « Qu’ordonne notre Seigneur Jésus Christ que je fasse ? » La référence à Ézéchiel traduit la même idée, car c’est juste après que la parole de Dieu lui a été adressée que la main du Seigneur vient sur le prophète[6]. Enfin, la réaction de François manifeste l’intensité du désir qui l’anime : « se levant dans la ferveur de l’Esprit, tout enflammé de la vertu du Très-Haut, il dit : “Allons, au nom du Seigneur !” » 

En LM 12, 2, François envoyait auprès de Sylvestre et Claire deux frères qui n’étaient pas nommés et les engageait à se rendre d’abord auprès du prêtre vivant en ermite, puis auprès de la moniale. En Actus 16, 1-13, François envoie le seul Massée d’abord à Claire puis à Sylvestre, mais tandis que la première doit prendre le temps de transmettre la demande à l’une de ses sœurs, le second répond immédiatement. Par-delà ces différences de détail, le sens de la démarche de François est identique dans les deux cas : le fondateur de la Fraternité mineure s’adresse aux membres les plus contemplatifs de la famille franciscaine afin de découvrir avec certitude la volonté de Dieu à son égard. Telle est bien la donnée, déjà présente dans le texte de Bonaventure, que l’auteur d’Actus 16, 1-13 privilégie et qui constitue le message de fond de ce beau récit de discernement.

© Éditions franciscaines, 2012
 


 [1] Ce texte a constitué le sujet du TFM de février 2011.
 [2] 1C 35 ; traduction de D. Poirel in François d’Assise, Écrits, Vies, témoignages, vol. 1, p. 508-509.
 [3] Titre décerné à saint Bonaventure, tout comme Thomas d’Aquin a reçu celui de « Docteur angélique ».
 [4] Voir, en particulier, le Testament de François d’Assise.
 [5] Le texte ne le dit pas, mais la scène se situe sans nul doute à la Portioncule.
 [6] Voir Ez 1, 1-3.


 
 

Pour nous, aujourd’hui

Ce texte interroge notre soif de Dieu, notre désir d’accomplir la volonté divine, notre humilité et la qualité de notre amour des autres. 

Notre soif de Dieu et notre désir d’accomplir sa volonté : cherchons-nous, comme le fait François, à discerner le projet de Dieu sur nous et nous donnons-nous les moyens de connaître celui-ci ? François prie et consulte les personnes les plus compétentes qui lui sont accessibles. Et nous-mêmes, lorsque nous avons une décision importante à prendre, la portons-nous dans la prière et nous faisons-nous accompagner spirituellement ? 

Notre humilité : cherchons-nous toujours à être autonomes et à « nous en tirer seuls » ou bien savons-nous reconnaître, le cas échéant, notre incompétence ou notre impuissance et avons-nous, comme François, la simplicité de demander l’aide des autres ? 

La qualité de notre amour pour autrui : François se rend compte que Massée n’a pas mangé, lui prépare un repas et attend qu’il se soit restauré avant de lui demander la réponse de Sylvestre et de Claire. Et nous-mêmes, sommes-nous à l’écoute des besoins de nos proches et de ceux que nous côtoyons ? Et savons-nous attendre que ces besoins soient satisfaits avant de mettre en avant nos propres nécessités ?

© Éditions franciscaines, 2012

 

Un livre incluant les 16 "Textes franciscains du mois" mis en ligne depuis décembre 2010 et huit autres commentaires des sources franciscaines par le même auteur sera publié fin 2012, aux Editions franciscaines.

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